2001-9

Peuple chinois


 

Les habitants de Longli

Texte et photos : Zhou Hao


Panorama de la ville de Longli.
Danse à la lanterne-dragon, ancienne tradition de Longli.
Célébration de la fête du printemps. Au cours du premier mois lunaire, les gens font le tour de la ville en portant des dragons de papier.
Champs de colza en fleur.

    Dans le district de Jinping à 500 km au sud-est de Guiyang, chef-lieu de la province du Guizhou, se trouve la petite ville de Longli fondée durant la dynastie des Ming (1368-1644) et qui a conservé son aspect originel. Depuis 600 ans, les descendants des militaires en garnison dans cette région vivent dans cette cité reculée et maintiennent les traditions léguées par leurs ancêtres.

    « Nous avons été très surpris de constater que l’héritage culturel soit si bien préservé ici », explique le conservateur de musée Su Donghai.

Les enfants de Longli.

Devant la porte d’une maison, un cadenas de pierre pesant 160 kg. On raconte qu’autrefois un officier se servait de se bloc de pierre pour s’entra»ner aux arts martiaux. Les inscriptions « Avancer successivement de trois échelons » et « 13e année du règne Guangxu de la dynastie des Qing » sur cette pierre sont encore lisibles.

    L’ancienne cité de Longli est située dans un bassin à 60 km du chef-lieu de district. Elle est aujourd’hui chef lieu de canton.

    Les choses ont changé avec le temps. Longli ne joue plus le rôle de forteresse et son statut en tant que centre économique et culturel de cette région frontalière a également évolué. Mais les descendants des militaires en garnison demeurent toujours dans cette ville.

    On dit qu’après sa dégradation, Wang Changling, fameux poète de la dynastie des Tang (618-907), fut déporté à cet endroit. Bien qu’il n’ait laissé de poème au sujet de la ville de Longli, les habitants ont plus tard construit à sa mémoire le pont de Zhuangyuan (lauréat des examens impériaux au plus haut niveau), le tombeau de Zhuangyuan, le sanctuaire de Zhuangyuan et le collège de Longbiao.

    Du centre de la ville, partent quatre rues en direction des quatre points cardinaux, bordées de maisons à trois pièces couvertes de tuiles grises et au fa»te relevé aux deux extrémités. Les murs ont été badigeonnés de chaux et ornés de fleurs, d’oiseaux, de poissons ou d’insectes ou encore de personnages ou de paysages encadrés de liserés de couleurs vives.

    Les ancêtres des habitants de Longli étaient pour la plupart originaires du Jiangsu, du Jiangxi et de l’Anhui. Tout en défendant les frontières, ils entreprirent des activités productives. Avec les techniques de production développées dans leur région d’origine, ils cultivèrent du coton et du lin, tissèrent des toiles et montèrent des moulins à eau et des élévateurs d’eau, contribuant ainsi considérablement au développement de la production agricole de la région.

    Aujourd’hui, les habitants de Longli maintiennent encore les traditions culturelles de l’ethnie Han, telles que la danse à la lanterne-dragon, l’opéra des Han, etc.

    Les habitants de Longli sont très hospitaliers. A l’occasion de la Fête du printemps, durant le premier mois lunaire, une grande variété d’amuse-gueules sont étalés sur une table de bois aux dessins ajourés dans la maison donnant sur le sud pour accueillir des visiteurs. Les vieillards racontent l’histoire de la ville de Longli, alors que les enfants chantent des ballades ou s’amusent en faisant le jeu « le Mouchoir perdu ».

    Au printemps, les colzas poussent à merveille dans les champs aux alentours de la ville. Nous avons rencontré le cultivateur Wang Zeyuan, 30 ans, alors qu’il sarclait son champ de colza. Il nous a expliqué qu’avec l’aide du gouvernement local, il avait pu cultiver la meilleure variété de colza. Suivant les années, il cultive alternativement dans ses champs du riz, des pastèques et de l’éléocharis tubéreux. Il possède aussi un verger sur un coteau non loin de sa maison. Comme les autres habitants, sa vie s’améliore peu à peu.

Ancien puit. On raconte que les ancêtres des habitants de Longli portaient 72 noms de familles différents et qu’ils creusèrent autant de puits. On peut encore voire les traces laissées par les cordes à l’embouchure du puit.